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Publié : 1er juillet 2010

Des orchidées sauvages au lycée

Orchidées, ce mot fait rêver ! Il évoque les tropiques, les serres, et pour les gourmands, la vanille… C’est oublier que des orchidées sauvages poussent en Europe, en France, à La Queue lez Yvelines et au lycée Jean Monnet en particulier.

Ces espèces végétales sont protégées. Les admirer avec les yeux, ne pas les cueillir, c’est donc le meilleur atout pour en profiter longtemps.
Les orchidées présentes dans les communes des Yvelines ont conquis des terrains très variés : sols humides, sous-bois frais et lisières, bords de route, pelouses et talus ensoleillés, et même les jardins. Leur discrétion leur vaut de ne pas être reconnues et souvent la tondeuse et la débroussailleuse, malheureusement, ne les épargnent pas.

Les orchidées ont un mode de reproduction très complexe. Les graines, pour germer, ont besoin de trouver dans la terre un champignon qui leur permettra de se développer. La fécondation quant à elle est assurée par des insectes.

Mais à quoi ressemblent-elles ? Les espèces de nos communes sont de taille variable, la tige fait de 20 à 60 cm. Les feuilles, aux nervures parallèles, forment souvent une rosace au pied de cette tige. Quelques feuilles peuvent pousser sur la tige. Les fleurs se trouvent en haut de la tige, plus ou moins groupées et plus ou moins colorées : blanches, verdâtres, roses violacées... Mais plus que la couleur, c’est la forme de leurs fleurs qui est remarquable, en particulier le pétale généralement inférieur appelé labelle. Il peut imiter le corps d’un insecte, comme chez l’ophrys abeille. C’est le nom d’une des orchidées sauvages présente au lycée.

Pourquoi ce simulacre ? Contrairement aux autres plantes, les orchidées n’ont pas de pollen en grains libres que le vent pourrait emporter, mais des sacs de pollen (pollinies) que seul un insecte peut transporter d’une fleur à l’autre. Tout est bon pour attirer l’insecte pollinisateur : la fleur imite la femelle par un parfum, des couleurs, une forme, un dessin. En se posant sur le labelle, pour butiner ou pour tenter de s’accoupler, l’insecte entre en contact avec les pollinies, les emporte sur son dos et les dépose sur d’autres fleurs qu’il visite…
L’ophrys abeille (Ophrys apifera) se présente sous la forme de pétales violets et d’un labelle foncé qui imite le corps d’une abeille. Au lycée, cette ophrys a un autre visage puisqu’en plus de la variété rosâtre, habituelle, on trouve aussi une variété blanchâtre « Ophrys apifera var. flavescens ». La forme est identique mais les pétales et les sépales sont blancs, le labelle, lui, est jaune-vert.

Il faut noter que l’inventaire national du patrimoine naturel ne recense pas d’espèces d’orchidées sur la commune de La Queue les Yvelines. Les orchidées du lycée, qui croissent sur un terrain calcaire et sec, doivent d’autant plus bénéficier d’une protection. C’est le cas depuis 2007. Avec l’aval de Monsieur Doucet, le proviseur de l’époque, Monsieur Nicolini, responsable de l’entretien des espaces verts du lycée, a marqué les emplacements des orchidées par des piquets en bois, pour les protéger. Monsieur Luc, l’actuel proviseur, approuve lui aussi cette initiative. Grâce à cette action, nous pouvons admirer ces étranges fleurs qui fleurissent en mai et juin pour une période de courte durée.

Cette année (2010) deux autres espèces sont apparues. Il s’agit de l’orchis pyramidale (Anacamptis pyramidalys) et de l’orchis bouc (Himantoglossum hircinum).Le nom de la première vient de la forme pyramidale de l’épi. Elle est de couleur rose vif et son labelle est muni de callosités qui guident la trompe des papillons butineurs. La deuxième doit son nom commun à son odeur de bouc alors que son nom de genre (Himantoglossum) évoque, en grec, ses longs labelles étroits enroulés sur eux-mêmes.
Il y a donc quatre variétés d’orchidées au lycée. Au total, près de 500 pieds ont été dénombrés, l’ophrys abeille étant la plus présente. Ci-joint des photos.

Les internautes trouveront plus de détails sur ces fleurs et leurs relations avec les insectes sur CRIOCERE : http://www.univ-lille1.fr/orchid/mnu_orch.fr

Évelyne Brossillon