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Publié : 2 mai 2011

QUENTIN DOLMAIRE, CAROLINE DUBOIS, JUSTINE GHINTER, DYLAN LESAGER, FLORIAN LE VERN, JULIA MACAIRE, JOSEPHINE VIGER pour le sujet "Toutes les largeurs du trait dans un portrait", février 2011

Détails du sujet : ici


Quentin Dolmaire, février 2011 {JPEG}

"Dans ce sujet, le cadre a pour principale fonction de reposer l’œil et donc de contraster avec le portrait. Ce cadre a pour objectif de structurer le travail, c’est un point de repère. En contre partie, le visage vise (lui aussi) à détruire le cadre. En d’autres termes, le cadre et le visage s’opposent pour mieux se compléter. Cependant, ce couple a aussi pour but de déstabiliser le spectateur, l’œil du spectateur se pose (et s’habitue) à un rythme et une intensité imposés par le trait (ou la valeur) et le cadre va casser cet état d’esprit (et donc surprendre le spectateur)

Je ne pense pas avoir réussi à créer les effets de déstabilisation ou de repos. Encore peu habitué à maîtriser le format 1m sur 1m, je pense avoir mal organisé l’espace.
En effet, les proportions de traits (et non de largeur) sont plus ou moins les mêmes (ce qui empêche la déstabilisation du spectateur et ce qui engendre un regard assuré et habitué).
De plus, je pense n’avoir pas assez joué avec la matière, avec la touche. Je n’ai aucune surface parfaitement lisse (ou neutre), j’aurais aussi pu jouer avec de grosses touches de peintures (ce qui m’aurait permis d’avoir du relief et donc de jouer avec la lumière). Mettre du relief aurait pourtant été un bon moyen de casser une « routine » imposée par la même technique.

Finalement le hasard m’aura porté chance, et le scotch repositionnable, en arrachant le papier aura remanié (ou corrigé) mon travail et donc apporté une matérialité plus grande avec quelque chose de nouveau et différent.

Je trouve mon travail finalement encore assez confus. Mais ce fut une expérience intéressante et enrichissante."

QUENTIN DOLMAIRE, 1ere S


Caroline Dubois, frévrier 2011 {JPEG}

"Pour le cadre de ce projet, j’ai fait le choix de réaliser des empreintes de mains, mais pour que cela ne soit pas trop niais je n’ai pas simplement aligné ces empreintes mais je les ai superposées dans différentes orientations et j’ai utilisé différentes valeurs en nuances de noir, de blanc et de gris.
En plus d’avoir étaient exécutées dans des directions contraires, certaines empreintes chevauchent la ligne de cadre et débordent ainsi de celui-ci.
Nous pouvons donc ici, ressentir un sentiment de désordre.
Ensuite, aux quatre coins de la feuille (ceux-ci appartenant au cadre) nous pouvons distinguer quatre carrés, c’est alors un sentiment d’ordre et d’organisation qui se fait ressentir et qui se distingue du premier aperçu.
Puis, j’ai établi le contour/cerne de certaines empreintes de mains mais pas pour toutes afin de ne pas avoir une impression de puzzle. Pour les mains blanches, j’ai utilisé un contour noir et pour les noires, j’ai utilisé un contour blanc. C’est alors que nous retrouvons à nouveau le sentiment d’ordre et d’organisation .
Il y a donc dans un premier temps une opposition des sentiments entre ordonné et désordonné mais aussi de la forme, les coins formes une structure tandis que les empreintes de mains relèvent de la forme courbe. Mais nous avons pu constater dans un second temps que les sentiments avaient tendance à se rejoindre.
Ce n’est pas un hasard d’avoir choisi des mains pour traiter le cadre mais une réflexion par rapport à la composition réalisée, en accord avec le sujet peint à l’intérieur de ce cadre. En effet, à l’intérieur de celui-ci est représenté le portrait d’un jeune être au visage renfermé et triste. Les mains étant pour moi signe de créativité, nous pourrions alors penser à « la bêtise ». Il est vrai que nous avons tous connu cette période d’envie durant laquelle nous avons eu l’impression que tout nous était permis, mais cela signifie aussi le début de la création et de l’imagination.
La mise en scène ici aurait donc pour objectif de montrer un enfant sanctionné suite à sa bêtise c’est à dire la réalisation des empreintes de mains sur un support non autorisé mais sans sanctionner sa création
."

Caroline Dubois, détail, frévrier 2011 {JPEG}
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Caroline Dubois, détail, frévrier 2011 {JPEG}
Caroline Dubois, détail, frévrier 2011 {JPEG}

CAROLINE DUBOIS, 1ere ES


Justine Ghinter, février 2011 {JPEG}

"Deuxième partie du travail donc : expliquer la composition de ma création.
Parlons du carde
Je suis partie des idées de Soulage, ses noirs profonds qui deviennent vivants, par le jeu de relief et de composition ; j’ai trouvé cela fascinant.
Etant une novice en la matière, j’ai pris ce cadre comme une table d’essai ; tester et constater.
Ainsi, au final, rien n’est composé. Mais grâce au caractère assez simple de l’ensemble, j’y trouve une certaine organisation cohérente.
Chaque élément de ce cadre est né du hasard, d’un jeu de circonstances, et d’une envie de s’essayer aux merveilles de Soulage. Kilogs de peinture sur un pinceau, lames de rasoir, fourchettes, couteaux, cutter et doigts y sont passés.
Ces petits morceaux pourraient représenter des idées, ou des émotions, établissant une certaine tension à l’ensemble ; laissant libre cours à l’imagination de celui qui l’observe.
Par cette envie de comprendre le cadre, il se pose un lien solide avec ce qu’il encadre : il y a une connexion.
Ce qu’il encadre justement ; ce visage serein de petite fille, ce regard instable (que j’ai d’ailleurs renforcée par deux teintes différentes pour chaque œil), cette chevelure devenue masse opulente, impossible à démêler et lourde.
Au final notre œil ne se rattache à rien, mais grâce au contraste très fort imposé à son visage de nature si doux, l’attention est captée.
D’autres éléments donnent une certaine force au tableau, comme les « moustaches » bleu pétrole fait à la lame de rasoir (cette partie est étonnante, elle établit un rapport entre le fond et la forme ; ces zébrures pourraient représenter l’état d’esprit de la fillette – je voulais au départ les destiner à des lignes de forces, renforçant une nouvelle fois la présence du sujet ; j’y suis arrivée, mais en plus s’est installée une signification qui reste, ici aussi très subjective).
On trouve également des surfaces blanches ( plus blanches que la partie claire du visage grâce aux superpositions de couches successives) au niveau du front, des pommettes, de l’arrête du nez et des reliefs osseux et musculaires du visage humain (tempes, menton, lèvres …) qui captent le regard ; elles ont été réalisées par touches très épaisses afin de donner plus de profondeur au portrait, grâce aux ombres laissés par ces reliefs.
Des minis zones de forts contrastes tels qu’au dessus de la paupière droite, les fisselures des lèvres, les racines des cheveux, les cils, les sourcils, le bandeau et la chevelure épaisse réalisés à l’encre de chine, le travail à la lame de rasoir, l’épaisseur de la peinture, le feutre et les diverses manières, accentuent toujours plus ce volume et cette présence.
Le fond reste très abstrait et silencieux. Il permet d’intégrer le cadre au centre même entre ces deux éléments majeurs du tableau, ceux qui le caractérisent ; ainsi, le fond à un rôle à jouer ; il n’est pas creux.
Il a aussi été réalisé par le procédé de l’empreinte : en imbibant un carton ondulé d’un dégradé brut de nuances noir/blanc ensuite appliqué sur le support d’une façon assez « je laisse le hasard faire ses merveilles ».
Pour conclure, ce travail m’a fait découvrir quelques techniques très intéressantes, notamment sur les jeux de matières (bien sûr ce n’est qu’un début ici).
Je pense avoir réussi mon objectif premier : capter l’attention, et, je pense n’avoir réalisé mon œuvre qu’après l’avoir relu (au sens figuré des termes) : qu’après l’avoir décryptée.
Je pense que c’est une œuvre qu’il faut scruter, déceler. Il faut s’en approcher pour se fondre dedans, et voir la Jeune Fille au regard troublant sous tous ses angles.
"

Justine Ghinter, détail, février 2011 {JPEG}
Justine Ghinter, détail, février 2011 {JPEG}
Justine Ghinter, détail, février 2011 {JPEG}
Justine Ghinter, détail, février 2011 {JPEG}

JUSTINE GHINTER, 1ere ES


Dylan Lesager, février 2011 {JPEG}

"J’ai choisi la figure de Charlie Chaplin pour ce sujet car c’est un acteur qui commence sa carrière dans les années 1920, à l’époque du noir et blanc ce qui correspondait pour moi le mieux au sujet.
Au début de mon projet, je suis partie sur la reproduction de la photographie. Je suis restée enfermée dans la surface et en ne travaillant pas la ligne, j’ai produis quelque chose de très plat et je commençais à me sentir emprisonné par mon travail. J’ai ensuite commencé à réellement travailler le trait en corrigeant mon travail par des traits. Sur les espaces blancs, j’ai choisi une ligne plus épaisse pour qu’elle se fonde plus facilement et laisse moins apparaître la planéité car les espaces blancs sont assez conséquents, j’y ai ajouté quelques touches de gris pour souligner les ombres.
J’ai travaillé les passages entre le noir et blanc avec des traits plus fins pour rester dans la subtilité et avoir des changements de valeurs et un dégradé qui, de loin, ne se voit pas.
Sur les espaces d’ombre, j’ai choisi des traits plus ou moins épais mais avec des valeurs variées pour garder une sensation de lumière, même dans l’ombre.
Sur les espaces noirs, de larges traits noirs apparaissent sur le dessin avec un relief qui, de loin, ne se voit pas, pour donner une certaine texture qui attire la curiosité et casse cet espace plat et noir.
J’ai représenté la chevelure avec des traits variés, balayés, très fluides pour avoir une sensation de réalisme.
L’arrière plan est un espace en réserve qui met en valeur la ligne, qui la ferait presque ressortir. J’ai représenté un cadre pellicule car je pense que ce cadre colle très bien avec ce personnage. J’ai essayé d’aller au-delà du cliché « pellicule » pour produire quelque chose d’original. J’ai décentré le cadre légèrement pour provoquer une sensation de continuité de la pellicule comme pour le haut et le bas du cadre, j’ai laissé légèrement apparaître une suite (Hors cadre) à la pellicule, ce qui peut provoquer l’interrogation, l’imagination, la curiosité du spectateur sur ce qui vient après.
J’ai laissé apparaître des traits plus ou moins blancs tout autour du cadre avec une certaine transparence pour lui donner l’effet de brillance de la pellicule.
Les écritures rappellent aussi les vielles pellicules et donnent un certain réalisme au cadre. Les écritures sont de différentes tailles avec une certaine opacité qui traduit la brillance et le vécu de la pellicule.
Dans les petits espaces blancs traverse une bande nette avec des valeurs de plus en plus claires, dans chaque espace des motifs différents avec des traits de différentes tailles. J’ai voulu créer un mouvement de différents motifs dans une seule et même pellicule pour créer un rapprochement entre le mouvement le film et le portrait de Charlie Chaplin.
"

Dylan Lesager, détail, février 2011 {JPEG}
Dylan Lesager, détail, février 2011 {JPEG}

DYLAN LESAGER, 1ere STG


Florian Le Vern, février 2011 {JPEG}

"Le fond de l’image dirige la lumière. Du coté gauche, les rayons du soleil sont représentés par des lignes courbes et claires entrelacées, opposées avec le côté droit de la figure du japonais où l’arrière plan est sombre d’un jus gris très dilué et transparent.
La barrière sur laquelle se repose le japonais est semblable à du bois, teintée aussi suivant la direction de la lumière : claire à gauche, sombre à droite. Chaque planche est orientée verticalement, grâce à la trace des poils du pinceau.
Le lieu est complété par des empreintes de feuilles de ginkgo biloba, chacune en contraste avec l’endroit où elle est impimée.

Le paysan japonais est torse-nu, le dos tatoué d’un samouraï (image dans l’image), le visage tourné vers le soleil et les yeux fermés, appréciant son environnement – silencieux, subtile, zen.
Il a les traits fins, les joues creusées. La lumière s’étalant sur son corps s’illustre par des droites obliques, parallèles et juxtaposées, plus ou moins épaisses en fonction de leur placement, traits larges et blancs sur son épaule gauche, et traits fins et noirs sur son épaule droite.

Le tatouage sur le dos du paysan est composé de plusieurs motifs de lignes assez fines et diluées faisant apparaître au premier plan le samouraï. Pour la peau de celui-ci, j’ai appliqué des touches de blanc assez épaisses et entrecroisées en m’inspirant de Soulage et ses tableaux monochromes noirs jouant avec la matière et la lumière.
Ses cheveux par contre, sont faits d’un aplat de noir, pour contraster avec la peau du paysan faite, elle, d’un jus foncé, détachant le personnage et dévoilant ainsi un ‘double-portrait’.
Son bras droit est drapé du kimono à motifs de traits épais. Son bras gauche fait apparaître une deuxième manche, noire, avec un motif de traits creusés, toujours à la manière de Soulage.
Enfin, les traits du visage sont dessinés de lignes fines, moins complexe que le visage du personnage réel du paysan : c’est un tatouage.
Les traits sont généralement plus marqués dans la matière ou les motifs.

Le cadre oriente le regard dans la même direction que celui du japonais : les bandes de droites et du bas font barrière au chemin que suit l’œil en parcourant l’image.
Ainsi le regard est attiré vers le coin en haut à gauche. On voit alors de grandes lignes verticales et des carrés plus ou moins larges, parcourant toute la gamme du ‘noir et blanc’. Ces grands aplats évoquent les gratte-ciel des immenses villes qui composent le Japon opposées aux villages ruraux, chargés de l’histoire japonaise. Cette idée est renforcée par deux points illustrés par les deux « planches » du coin en bas à droite. La planche du bas est en effet illustrée d’une estampe japonaise comme gravée en blanc sur noir. Celle de droite est faite en référence aux planches placées à l’entrée des ‘bars aux lanternes rouges’ ; elle, en noir sur blanc, est calligraphiée à l’encre de chine d’un dicton ancestral : ‘Ichigo ichie’ (‘Une fois, une rencontre’).
Le cadre ne rentre toutefois pas dans l’image, pour un principe de ‘forme’ la faisant ainsi ressortir, et surtout pour une idée de ‘fond’ : le paysan est détaché de la ‘sur-modernité’ des villes japonaises et garde une trace de ses origines.

Le paysan regarde vers la lumière, les immeubles du cadre ; vers le présent.
Le samouraï regarde vers le bas, les estampes anciennes ; vers le passé.
"

FLORIAN LE VERN, 1ere S


Julia Macaire, février 2011 {JPEG}

"Une enfant, à peine plus de dix ans, prisonnière dans une peinture aux couleurs froides ; dégradé entre le blanc et le noir ; Derrière un grillage, des poutres de bois et un mur blanc où des traces de gris subsistent à travers celui-ci tels les murs blancs sales d’une prison où la jeune fille inscrit en noir les jours passés à être enfermée tel un animal en cage.
Comment s’est-elle créée ?
Au début, une feuille, dans un ton terre cuite de 1 mètre sur 1 mètre délimité par un cadre. De rapides coups de pinceau dans un effet de léger-tremblé afin de placer les éléments désaxés du centre du cadre, on peut aussi parler d’une composition décentrée. Au début, seul le visage est visible, puis une main en bas à gauche. Les éléments sont placés avec une peinture gris orage en jus lavis semi opaque afin que les couches suivantes ne fassent pas ressentir les essais de composition. Puis un jeu entre la peinture sèche, humide (laissant apparaître le papier-support) et épaisse recouvre le visage, la main, les cheveux de la petite fille. Les cheveux se sont petit à petit détachés en trois parties correspondant à la lumière ou à l’ombre. Le visage lui aussi est divisé en deux faces, l’une est dans les tons proches du gris cendre et l’autre dans un blanc cassé de traces gris pâle. Le nez, la bouche, les yeux sont noirs brut (renforcé plus tard par le côté brillant de l’encre de chine) ou avec un noir aquatique qui renforce quelques ombres. Le col est délimité de blanc et sort du cou et du T-shirt qui sont gris. Les planches sont au nombre de trois et sont positionnées en oblique par rapport au coin pour que la peinture se renferme sur la prisonnière. De plus la main énigmatique de la fille perd tout mystère quand le grillage est crée au dessus de la jeune fille et du fond gris poussière brossé verticalement. Le grillage emprisonne la petite fille et renforce son regard triste, son expressivité rendu brillante par le laqué de l’encre de chine. A l’aide d’une brosse et d’une peinture noire liquide (jus) le décompte des jours nous est donné sur les murs blancs ou les traces de pinceau se croisent. Ces marques sont-elles les siennes ou celle d’autres personnes aussi ? L’encre de chine est aussi utilisée pour ajouter de la brillance dans ses cheveux qui la décoiffent un peu plus.
Pourquoi cette petite fille ?
Un projet rendu intéressant grâce au grillage et à l’idée de la prison et du décompte des jours.
Pour ma signature, en bas à droite caché au milieu du décompte des jours (MJ) c’est simplement pour prouver plus tard à mes amis que c’est bel et bien moi qui ait réalisé ce travail dont je suis fière et triste à la fois.
"

Julia Macaire, détail, février 2011 {JPEG}
Julia Macaire, détail, février 2011 {JPEG}
Julia Macaire, détail, février 2011 {JPEG}
Julia Macaire, détail, février 2011 {JPEG}
Julia Macaire, détail, février 2011 {JPEG}

JULIA MACAIRE, 1ere ES


Joséphine Viger, février 2011 {JPEG}

"Ce portrait est à l’origine une photo affichée dans ma chambre depuis longtemps. Une photo de ma grand-mère, quelqu’un qui dans mes souvenirs et les différentes descriptions de proches était quelqu’un de très vivant, lumineux et doux.

J’ai insisté sur le contraste entre ombre et lumière pour appuyer l’aspect lumineux du personnage. Ses cheveux sont représentés par plusieurs techniques (encre de chine plus lumineuse, la peinture est plus mate, transparence avec le lavis, les détails fins à la plume, l’aspect rugueux avec la brosse...) pour montrer qu’ils sont en bataille, non lisse et donner un aspect fougueux. Au contraire, j’ai laissé la visibilité du support laissé en réserve pour uniformiser le visage et rester dans le doux mais aussi dans le réalisme. Pour les mêmes raisons, les détails figuratifs du visage (yeux, nez, bouche) sont représentés par un graphisme très fin. La lumière qui arrive dans le cou et aux épaules est également très fine et délicate pour rester fidèle à l’aspect doux.
Le cadre repose sur les mêmes principes : luminosité qui entoure directement le personnage et renforcée par la partie externe du cadre qui est beaucoup plus sombre. La forme "carrée" noire à droite du visage le fait ressortir et est rappelé par la petite forme identique de gauche se trouvant derrière le blanc. La ligne noire verticale au dessus de la chevelure, à gauche, permet de donner une autre dimension au portrait, et permet une certaine élévation du portrait. Les deux autres lignes, "rectangles verticaux", formées elles mêmes de lignes de différentes épaisseurs ramènent à la chevelure et en même temps y mettent un contraste car elles sont horizontalement droites et précises. Le cadre fonctionne en parallèles décalées. La ligne blanche derrière le buste joue son rôle de cadre qui est de faire ressortir le personnage ; arrondi pour que la douceur domine car c’est la forme la plus imposante. L’autre ligne qui est au dessus, un peu décalée par la gauche reflète la précédente par sa clarté et sa transparence qui est synonyme de douceur. Toutes les formes encadrent le visage sans pour autant l’effacer ou l’écraser comme le font les deux lignes parallèles verticales blanche et grise. De plus la ligne grise qui reste transparente pour ne pas couper le portrait, renforce la luminosité de la chevelure dominant à nouveau. J’ai voulu faire ressentir une harmonie par toute cette composition de transparence et de valeurs fonctionnant toujours ensemble.

La ligne est traitée par toutes ces formes arrondies et anguleuses, décalées et parallèles, opaques et transparentes, parfois créant d’autres lignes plus fines. Le cadre est lui même une ligne saturée de petites lignes qui le coupent. Ces formes marquent elles mêmes des "frontières" avec les autres ce qui crée une autre gamme de trait. Sans compter que ces formes créant, sur une vue d’ensemble, de grandes et épaisses lignes sont à la fois délimitées par d’autres plus fines (leurs limites).
Même si la gamme de traits est principalement traité par le cadre, il l’est également par le portrait (traits fins pour les détails figuratifs du visage et la lumière ; traits de plusieurs épaisseurs et de différentes opacités pour la chevelure et le cou ; le buste fonctionne de la même manière que les formes constituant le cadre).

Ainsi, les lignes strictes du cadre s’opposent aux lignes douces et arrondies du personnage qui du coup, en ressort d’autant plus."

Joséphine Viger, détail, février 2011 {JPEG}
Joséphine Viger, détail, février 2011 {JPEG}
Joséphine Viger, détail, février 2011 {JPEG}
Joséphine Viger, détail, février 2011 {JPEG}
Joséphine Viger, détail, février 2011 {JPEG}
Joséphine Viger, détail, février 2011 {JPEG}

JOSÉPHINE VIGER, 1ere L