Publié : 11 février 2010

G, H et J

G

BERTRAND GADENNE : artiste français, né en 1951.
« La découverte de l’œuvre s’effectue dans l’obscurité du lieu. »

GÉRARD GAROUSTE , peintre et sculpteur français, né en 1946
" On ne peut peindre que si l’on va bien. Le délire est un trou noir dont on sort dans un état d’extrême sensibilité bénéfique pour la peinture, mais le lien légendaire entre la folie et l’art s’est trop souvent changé en un raccourci romantique. Le délire ne déclenche pas la peinture, et l’inverse n’est pas plus vrai. La création demande de la force. L’idéal du peintre n’est pas Van Gogh, s’il n’avait pas mis fin à ses jours, il aurait fait des tableaux plus extraordinaires encore." in "L’intranquille", 2009, éd. Le livre de poche, p.96-97

" Je sais que l’art ne peut sauver le monde, mais je sais qu’il contamine les désirs et éveille l’amour-propre." (à propos de la création de son association d’action éducative et sociale d’aide aux enfants La Source in "L’intranquille", 2009, éd. Le livre de poche, p.147

GERARD GASIOROWSKI : 1930-1986, peintre et plasticien français.
Faisant sienne la phrase de saint Augustin : « Mieux vaut se perdre dans sa passion, que perdre sa passion. »

« La peinture, je la veux grave. Elle est grave parce que le propos que je tiens est grave. C’est grave de peindre. Voyez Van Gogh. » 1984.

« Je suis dans le fleuve de la peinture et tout ce que je touche est emporté par ce courant. »

« Certains peintres savent très bien parler de leur travail, moi pas ; c’est ma peinture qui parle seule. » 1986.

« Je préfère le comportement de l’artiste oriental qui montre son travail a un petit nombre : une manière intimiste, un retrait, un recul, une délicatesse. Le Takanobu n’est exposé que quelques jours par mois dans un musée de Kyoto. Ici, c’est différent, c’est une question de mentalités. En occident, on regarde l’art comme un spectacle de bateleur. » 1986.

« Le regard use la peinture. C’est pourquoi mon travail procède de l’effacement, car, en montrant le moins possibles sur les plus grandes surfaces possibles, je tente de sauvegarder la peinture de l’usure du regard porté sur elle. » 1986.

« Montrer qu’il n’y a pas de fin à la peinture. » 1986.

PAUL GAUGUIN : 1848-1903, peintre français.
« Ce n’est donc rien un cri humain ? » novembre 1889.

« La beauté est éternelle et peut prendre milles formes pour s’exprimer. »

« Peindre ce malgré moi de sauvage. »

« Chaque jour, je me demande s’il ne faut pas aller au grenier me mettre une corde au cou. Ce qui me retient c’est la peinture. » (lettre à Pissarro, mai 1885).

« J’aime la Bretagne, j’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture. »

« Je pars pou r être tranquille, pour être débarrassé de la civilisation. Je ne veux faire que de l’art simple, très simple ; pour cela, j’ai besoin de me retremper dans la nature vierge, de ne voir que des sauvages, de vivre leur vie, sans autre préoccupation que de rendre, comme le ferait un enfant, les conceptions de mon cerveau avec l’aide seulement des moyens d’art primitifs, les seuls bons, les seuls vrais. » (1891).

« Ne copiez pas trop d’après nature_ l’art est une abstraction_ tirez-le de la nature en rêvant devant et pensez plus à la création qu’au résultat. »

« La céramique n’est pas une futilité. Aux époques les plus reculées, chez les Indiens de l’Amérique, on trouve cet art constamment en faveur. Dieu fit l’homme avec un peu de boue. Avec un peu de boue, on peut faire du métal, des pierres précieuses… »

JEAN GENET : 1910-1986, écrivain, poète et dramaturge français,
« Tout homme aura peut-être éprouvé cette sorte de chagrin, sinon la terreur, de voir comme le monde et son histoire semblent pris dans un inéluctable mouvement, qui s’amplifie toujours plus, et qui ne paraît devoir modifier, pour des fins toujours plus grossières, que les manifestations visibles du monde. »

« Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde. »

A Alberto Giacometti : « Vos femmes, c’est une victoire du bronze. Sur lui-même, peut-être. LUI : Il faudrait que ce soit ça. »

A Alberto Giacometti : « Une de vos statues dans une chambre, et la chambre est un temple. »

« La solitude, comme je l’entends, ne signifie pas condition misérable mais plutôt royauté secrète, incommunicabilité profonde mais connaissance plus ou moins obscure d’une inattaquable singularité. »

« Les visages peints par Giacometti semblent avoir accumulés à ce point toute vie qu’il ne leur reste plus une seconde à vivre, plus un geste à faire, et (non qu’elles viennent de mourir) qu’elles connaissent enfin la mort, car trop de vie est tassée en elles. »

« (Septembre 57). La plus belle sculpture de Giacometti – je parle d’il y a trois ans – je l’ai découverte sous la table en me baissant pour ramasser mon mégot. Elle était dans la poussière, il la cachait, le pied d’un visiteur maladroit risquait de l’ébrécher…
LUI : Si elle est vraiment forte, elle se montrera, même si je la cache. »

« Leur beauté - des sculpture de Giacometti – me paraît tenir dans cet incessant, ininterrompu va-et-vient de la distance la plus extrême à la plus proche familiarité : ce va-et-vient n’en finit pas et c’est de cette façon qu’on peut dire qu’elles sont en mouvement. »

« Giacometti ne travaille pas pour ses contemporains, ni pour les générations à venir : il fait des statues qui ravissent enfin les morts. »

« L’ai-je déjà dit ? Tout objet dessiné ou peint par Giacometti nous propose, nous adresse sa pensée la plus amicale, la plus affectueuse. Jamais il n’apparaît dans une forme déconcertante, jamais il ne se veut monstre ! Au contraire, de très loin il apporte une sorte d’amitié et de paix qui rassurent. Ou, si elles inquiètent, c’est parce qu’elles sont à ce point pures et rares. Être d’accord avec de tels objets (pomme, bouteille, suspension, table, palmier) exigeant le refus de toutes compromissions. »

« Le portrait m’apparaît d’abord comme un enchevêtrement de lignes courbes, virgules, cercles fermés traversés d’une sécante, plutôt roses, gris ou noirs _ un étrange vert s’y mêle aussi _, enchevêtrement très délicat qu’il était en train de faire, où sans doute, il se perdait. Mais j’ai l’idée de sortir le tableau dans la cour : le résultat est effrayant. A mesure que je m’éloigne (j’irai jusqu’à ouvrir la porte de la cour, sortir dans la rue, reculant à vingt, vingt-cinq mètres) le visage, avec tout son modelé, m’apparaît, s’impose (…), vient à ma rencontre, fond sur moi et se précipite dans la toile dont il partait, devient d’une présence, d’une réalité et d’un relief terrible. »
Toutes citations précédentes extraites de L’atelier D’Alberto Giacometti, 1961.

[JOCHEN GERZ>http://fr.wikipedia.org/wiki/Jochen_Gerz : artiste, plasticien, d’origine berlinoise, né en 1940
« Quand je pense à l’art, je ne pense pas à l’idée de faire quelque chose. Tôt ou tard, je pense à être. »

PAUL-ARMAND GETTE : photographe français, né en 1927.
« M’introduire le plus légalement du monde dans les toilettes du Musée National d’Art Moderne comme j’ai pu le faire au mois de mai 1986, m’a permis d’attirer l’attention sur un endroit qui, bien que domicilié au cœur de l’institution muséale, n’en constitue pas moins un vide, un vide réservé au corps, un vide quelque peu honteux. »

ALBERTO GIACOMETTI : sculpteur et peintre d’origine suisse, 1901-1966, fit partie pendant une courte période du mouvement surréaliste.
« Le désarroi, le constat d’échec et la vérité du gouffre qui obscurcissent les peintures et font surgir à distance les têtes et les nus modelés ont moins désespéré Giacometti qu’ils ne l’ont stimulé et armé, qu’ils n’ont fortifié jusqu’à la fin son désir de vaincre, d’avancer, d’approcher encore... [...] Si l’on remonte à la surface, si l’on revient à l’apparence des Carnets, qui ne seront plus enfouis et cachés, on ne peut manquer de voir qu’ils sont la réplique exacte de l’atelier du sculpteur. Leur désordre et leur pauvreté, leurs taches et leurs déchirures, le sentiment d’abandon et de précarité qu’ils donnent paraissent comme un double de l’atelier tel que nous l’avons connu. Son délabrement, son encombrement, son étroitesse, sa poussière, sa lumière grise... Les mêmes graffitis sur les murs lépreux et les feuillets salis, la même exiguïté voulue, signifiante... La même intimité, la même osmose entre le corps et l’outil, et le même jeu paradoxal et meurtrier entre la proximité et l’immensité, la proximité de l’objet, l’immensité de l’espace... Le même élargissement surtout de la main qui tremble, qui ne tremble pas, qui gagne, qui s’enhardit... Le carnet serait comme un autre atelier, portatif et itinérant, glissé dans la poche, serré dans la main... »
Jacques Dupin, Une écriture sans fin, préface aux Ecrits de Giacometti, éditions Hermann, nouveau tirage, 2001.

« Je cherche en tâtonnant à attraper dans le vide le fil blanc invisible du merveilleux qui vibre et duquel s’échappent les faits et les rêves avec le bruit d’un ruisseau sur de petits cailloux précieux et vivants. » p.6

« Etant enfant (entre quatre et sept ans), je ne voyais du monde extérieur que les objets qui pouvaient être utiles à mon plaisir. C’étaient avant tout des pierres et des arbres, et rarement plus d’un objet à la fois. » p.7

« Je ne puis parler qu’indirectement de mes sculptures et espérer dire que partiellement ce qui les a motivées. » p.17

« Depuis des années je n’ai réalisé que les sculptures qui se sont offertes tout achevées à mon esprit, je me suis borné à les reproduire dans l’espace sans y rien changer, sans me demander ce qu’elles pouvaient signifier (il suffit que j’entreprenne d’en modifier une partie ou que j’aie à chercher une dimension pour que je sois complètement perdu et que tout l’objet se détruise). Rien ne m’est jamais apparu sous la forme de tableau et je vois rarement sous la forme de dessin. Les tentatives, auxquelles je me suis livré quelque fois, de réalisation consciente d’un tableau ou même d’une sculpture ont toujours échoué. » p.17

« L’objet une fois construit, j’ai tendance à y retrouver transformés et déplacés des images, des impressions, des faits qui m’ont profondément ému (souvent à mon insu), des formes que je sens m’être très proches, bien que je sois souvent incapable de les identifier, ce qui me les rend toujours plus troublantes. » p.17

« Et je retrouve l’atmosphère dense et légère de la clairière et aussi le rideau comme de vapeur qui entourait les constructions dans cette clairière. C’est la même sensation que j’ai éprouvée souvent devant des êtres vivants, devant des têtes humaines surtout, le sentiment d’un espace-atmosphère qui entoure immédiatement les êtres, les pénètre, est déjà l’être lui-même ; les limites exactes, les dimensions de cet être deviennent indéfinissables. Un bras est immense comme la Voie Lactée et cette phrase n’a rien de mystique. » à propos de la sculpture d’Henri Laurens, p.23

« (...) dans toute œuvre d’art le sujet est primordial, que l’artiste en soit conscient ou non. La plus ou moins grande qualité plastique n’est jamais que le signe de la plus ou moins grande obsession de l’artiste par son sujet ; la forme est toujours à la mesure de cette obsession. Mais c’est l’origine du sujet et de l’obsession qu’il faudrait rechercher, elle n’est pas forcément freudienne. » p.26

« Donc, si on veut donner un titre autre qu’une simple indication (comme par exemple place 1, 2 et 3 ou composition 1,2 et 3 ou autres indications du même ordre) il faudrait faire un petit écrit pour chaque sculpture et le coller dessus ! ce qui après tout ne serait pas si mal et à quoi j’ai pensé plusieurs fois. » p.52

« Si je savais faire (mais je ne suis pas sûr de le vouloir) si je savais faire une sculpture, une peinture comme je veux (mais je suis incapable de dire ce que je veux ?). Si je savais les faire, elles seraient faites je pense depuis longtemps (oh je vois un tableau merveilleux et brillant mais il n’est pas de moi, il n’est de personne. Je ne vois pas les sculptures je vois le noir). P.64

« Les jours passent et je m’illusionne d’attraper, d’arrêter ce qui fuit, je cours, je cours sur place sans m’arrêter... » p.64

« Plus une peinture veut donner une représentation de la réalité, et plus je suis touché par les éléments qui, au premier abord, ne semblent pas être les signes mêmes des objets, mais ce sont peut-être justement ces éléments là qui finissent par recréer la vision de l’objet. » p.69 GRIS, BRUN, NOIR... (à propos de Georges Braque)

« Elles m’attirent parce qu’elles sont profondément ressemblantes, de cette ressemblance merveilleuse qui est commune à tous les peintres que j’aime, ressemblance qui est aussi multiple que ces peintures et qui fait qu’un objet existe infini sur une toile. Cette toile me fait regarder un peu autrement les objets qui, à leur tour, m’éclairent la toile. » p.69 GRIS, BRUN, NOIR... (à propos de Georges Braque)

« ... il valorise en même temps tout ce qu’il ne peint pas, il donne une valeur à celles qui étaient les plus mornes et nulles des choses et il exalte tout ce qui les dépasse jusqu’à celui qui les regarde.
Braque cherchant à sauver ces fleurs périssables, Braque comme désarmé devant ces choses qu’il interroge, cherchant à arrêter sur une toile pour un peu plus de temps, pour le plus longtemps possible, une parcelle de toutes ces choses et de lui-même et des autres.
Cherchant à sauver quelque chose de l’immense noir béant qui les entoure, qui les entame de toutes parts, mais non ! Ce ne sont pas les fleurs, c’est nous et les peintures qui sommes les plus fragiles. Les fleurs, elles, continuent inlassablement à pousser et leur noir n’est pas le nôtre.
Je vais à la fenêtre, je regarde dehors dans la nuit, la montagne noire, le ciel brillant de tant d’étoiles et le bruit de l’eau. Ah oui, les hommes continuent aussi comme les fleurs, jamais tout à fait pareils, mais eux, ils font de la peinture et cela change tout.
Mais pourquoi, pourquoi les fleurs nous semblent-elles merveilleuses ? » p.70 GRIS, BRUN, NOIR... (à propos de Georges Braque)

« Je n’aime l’œuvre d’un peintre que quand j’aime la plus mauvaise, la pire de ses toiles, je pense que chez tous la meilleure toiles contient les traces de la pire et la pire celles de la meilleure _ et tout ne dépend que des traces qui l’emportent. » p.75

« Je fais certainement de la peinture et de la sculpture et cela depuis toujours, depuis la première fois que j’ai dessiné ou peint, pour mordre sur la réalité, pour me défendre, pour mieux attaquer, pour accrocher, pour avancer le plus possible sur tous les plans, dans toutes les directions, pour me défendre contre la faim, contre le froid, contre la mort, pour être le plus libre possible ; le plus libre possible pour tâcher _ avec les moyens qui me sont aujourd’hui les plus propres _ de mieux voir, de mieux comprendre ce qui m’entoure, de mieux comprendre pour être le plus libre, le plus gros possible, pour dépenser, pour me dépenser le plus possible dans ce que je fais, pour courir mon aventure, pour découvrir de nouveaux horizons, pour faire ma guerre, pour le plaisir ? pour la joie ? de la guerre, pour le plaisir de gagner et de perdre. » MA REALITE, p.77

« Mais la voiture, pas plus que les autres machines, pas plus que tous les objets prémécaniques, n’a rein à voir avec la sculpture. Tout objet doit être fini pour fonctionner ou pour servir. Plus il est fini, plus il est parfait, mieux il fonctionne et plus il est beau. Un objet plus perfectionné détrône l’autre qui l’était moins.
Aucune sculpture ne détrône jamais aucune autre. Une sculpture n’est pas un objet, elle est une interrogation, une question, une réponse. Elle ne peut-être ni finie, ni parfaite. » p.79

« Une voiture, une machine cassée devient de la ferraille. Une sculpture chaldéenne cassée en quatre : cela donne quatre sculpture, et chaque partie vaut le tout, et le tout comme chaque partie reste toujours aussi virulent et actuel.
Une sculpture égyptienne cassée, un Rembrandt tacheté, rayé, pâli, noirci, restent aussi belle sculpture, aussi belle peinture que le jour où elles ont été faites. A l’encontre des objets qui ne se réclament que d’eux-mêmes, une sculpture, une peinture se réclame toujours d’autre chose que d’elle-même. » p.80

« Rien ne se fixe jamais, chaque époque fait ressurgir du passé les époques et les œuvres qui lui sont nécessaires, et puis ces œuvres et ces époques s’enfoncent à nouveau dans l’ombre pour peut-être ressurgir des siècles ou des millénaires plus tard. Combien d’œuvres se sont-elles rapprochées et éloignées de nous depuis quarante ans ? » p.82

« La sculpture n’est pas pour moi, un bel objet mais un moyen pour tâcher de comprendre un peu mieux ce que je vois, pour tâcher de comprendre un peu mieux ce qui m’attire et m’émerveille dans n’importe quel personnage, dans n’importe quel arbre ou quel objet sur une table. Un peu réussie, une sculpture ne serait qu’un moyen pour dire aux autres, pour communiquer aux autres ce que je vois. » p.83

« Seule la vie m’intéresse, je regarde et tout me dépasse, le pied d’une chaise...
Qu’est-ce ! Qu’est-ce ! Tout ce qui m’entoure et m’émerveille, malgré tout ce qui se passe toujours d’effroyable et que je ne veux jamais oublier, malgré le ciel, malgré les arbres et toutes les beautés. » p.86

« Le silence, je suis seul ici, dehors la nuit, tout est immobile et le sommeil me reprend. Je ne sais qui je suis, ni ce que je fais ni ce que je veux, je ne sais si je suis vieux ou jeune, j’ai peut-être encore quelques centaines de milliers d’années à vivre jusqu’à ma mort, mon passé se perd dans un gouffre gris, j’étais serpent et je me vois crocodile, la gueule ouverte ; c’était moi le crocodile rampant la gueule ouverte. Crier et hurler que l’air en tremble et les allumettes de loin en loin là par terre comme des bateaux de guerre sur la mer grise. » p.93

« Depuis que j’ai vu des reproductions d’œuvres d’art, et cela remonte à ma plus lointaine enfance, cela se mêle à mes plus anciens souvenirs, j’ai eu l’envie immédiate de copier toutes celles qui m’attiraient le plus et ce plaisir de copier ne m’a en fait plus jamais quitté. (...) Comment dire tout cela ? Tout l’art du passé, de toutes les époques, de toutes les civilisations surgit devant moi, tout est simultané comme si l’espace prenait la place du temps. Désemparé, je m’arrête, trop de choses à dire et comment les dire ? Les souvenirs des œuvres d’art se mêlent à des souvenirs affectifs, à mon propre travail, à toute ma vie. (...) Je bute sur la différence entre le fait de parler et d’écrire. (...) Impossible de se concentrer sur quoi que ce soit, la mer envahit tout, elle est pour moi sans nom bien qu’on l’appelle aujourd’hui l’Atlantique. Pendant des millions d’années elle n’avait pas de nom, sans fin, aveugle, sauvage comme elle est pour moi aujourd’hui. Comment parler ici de copies d’œuvres d’art, d’œuvres d’art éphémères et fragiles qui existent par-ci par là sur les continents, œuvres d’art qui se défont, qui s’étiolent, qui se délabrent jour après jour et dont beaucoup et parmi celles que je préfère, étaient déjà ensevelies, enfoncées sous le sable, la terre et les pierres, et toutes suivent le même chemin. Et aujourd’hui presque avec indifférence, qui pâlissent et se vident dans ma mémoire. Presque toutes images précaires, défaillantes, prétentieuses et dont après tout je peux me passer ; mais en même temps surgissent toutes les œuvres émouvantes et merveilleuses qui existent, innombrables. Mais souvent celles-là même ne sont que les témoins des civilisations les plus dures, les plus noires, les plus irrespirables et que j’ai le plus en horreur.
En fait, je ne sais plus quoi penser de quoi que ce soit et puis chaque mot que j’écris n’est que l’expression de ma vanité, de ma prétention, de mon hypocrisie, oui de mon plaisir de briller, d’épater, toutes ‘qualités’ dont j’éclatais déjà à l’âge de douze ans. Heureusement, après il y a eu une très longue période de répit, en fait à peu près jusqu’à ces toues dernières années, mais maintenant je suis celui que j’étais à douze ans, non, pas tout à fait, j’ai fait un immense progrès, maintenant je n’avance qu’en tournant le dos au but, je ne fais qu’en défaisant. (...) car maintenant je ne copie que très rarement des œuvres d’art. L’écart entre toute œuvre d’art et la réalité immédiate de n’importe quoi est devenu trop grand et en fait, il n’y a plus que la réalité qui m’intéresse et je sais que je pourrais passer le restant de ma vie à copier une chaise. C’est peut-être là le but de toutes ces copies et c’est pour cela même que je ne peux plus rien dire. »
NOTES SUR LES COPIES, p. 95 à 98.

« Pour chacun de nous, le monde bien un sphinx devant lequel nous nous tenons continuellement, un sphinx qui se tient continuellement devant nous et que nous interrogeons. » p. 123

« L’infinité vanité de tout. Et le mystère existe sur tout, en tout. Toujours l’homme a exprimé dans l’art sa conception du monde, plus directe que la philosophie. » p.128

« Je peux uniquement me réaliser dans les objets, dans la sculpture, dans les dessins (peut-être dans la peinture) et beaucoup moins bien dans les poèmes. Pas dans autre chose. » p.130

« Toute sculpture qui part de l’espace comme existant est fausse, il n’y a que l’illusion de l’espace. » p.200

« Je ne sais plus qui je suis, où je suis, je pense que mon visage doit apparaître comme une vague masse blanchâtre, faible, qui tient tout juste ensemble portée par des chiffons informes qui tombent jusqu’à terre.
Apparition incertaine.
Je ne me vois plus, ni ce qui m’entoure : des verres, des vitres, des visages, des couleurs par-ci par là, oui des couleurs très éclatantes, une soucoupe sur une table, le dos d’une chaise.
Surtout les objets me semblent réels, le verre bien moins précaire que la main qui le tient, qui le soulève, qui le repose, disparaît. Les objets ont une autre consistance.
Les têtes, les personnages ne sont que mouvement continuel du dedans, du dehors, ils se refont sans arrêt, ils n’ont pas une vraie consistance, leur côté transparent. Elles ne sont ni cube, ni cylindre, ni sphère, ni triangle. Elles sont une masse en mouvement, allure, forme changeante et jamais tout à fait saisissable. Et puis elles sont comme liées par un point intérieur qui nous regarde à travers les yeux et qui semble être leur réalité, une réalité sans mesure, dans un espace sans limites et qui semble être autre que celui dans lequel se tient la tasse qui est devant moi ou créé par cette tasse.
Elles n’ont, non plus, aucune couleur définissable.
A voir tout cela. » p. 218

« Ce qu’il faut dire, ce que je crois, c’est que, qu’il s’agisse de sculpture ou de peinture, en fait, il n’y a que le dessin qui compte. Il faut s’accrocher uniquement, exclusivement au dessin. Si on dominait un peu le dessin, tout le reste serait possible. » p.246

« La sculpture des Nouvelles Hébrides est vraie et plus que vraie, parce qu’elle a un regard. Ce n’est pas l’imitation d’un œil, c’est là bel et bien l’imitation d’un regard. Mais le plus dôle, c’est que chez un masque océanien où, en guise d’yeux, il y a deux coquillages incrustés, on a l’impression d’un regard extraordinairement vivant presque dérangeant. » (6 avril 1959). p.246

« Je crois que n’est sculpture vraiment, que ce qui ne peut être dit que par la sculpture. Tout ce qui peut être dit par la peinture, il vaut mieux le dire par la peinture. Pour comprendre un peu ce qui s’appelle sculpture, il faudrait d’abord se limiter à ce qui ne peut être dit d’aucune autre manière. » p.248

« Plus on voit le visage avec densité, plus l’espace qui l’entoure devient immense ; c’est vraiment curieux ! » p.259

« Toute la démarche des artistes modernes est de saisir, de posséder quelque chose qui fuit constamment. Ils veulent posséder la sensation qu’ils ont de la réalité, plus que la réalité elle-même. » p.274

« Toute œuvre d’art est enfantée totalement pour rien. Tout ce temps passé, tous ces génies, tout ce travail, finalement, sur le plan de l’absolu, c’est pour rien. Si ce n’est cette sensation immédiate dans le présent que l’on éprouve en tentant d’appréhender la réalité. Et l’aventure, la grande aventure, c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu, chaque jour dans le même visage. C’est plus grand que tous les voyages autour du monde. » p.278-279

« En ayant un demi-centimètre de quelque chose, vous avez plus de chance de tenir un certain sentiment de l’univers que si vous avez la prétention de faire le ciel entier. »p.291 Toutes citations précédentes extraites des Ecrits d’Alberto Giacometti, présentés par Michel Leiris et Jacques Dupin, éd. Hermann, nouveau tirage, 2001.

« A tout moment les hommes s’assemblent et se séparent, puis se rapprochent pour tenter de se joindre à nouveau. Ainsi, ils forment et transforment sans cesse de vivantes compositions d’une incroyable complexité. »

« Le bout du nez, c’est à peu près indéchiffrable dans sa structure. »

« Rien de ce que l’homme fait ne vaut l’éclat d’un regard. »

« Ce n’est pas si facile que vous pouvez le penser. Parfois, il est très facile de se satisfaire de ce qui est facile, surtout si on vous dit que c’est bien (…). Il faut avoir le courage du coup de pinceau qui fait disparaître tout. »

« Si là, au lieu d’abandonner, on insiste (…) c’est le seul moment où il y a chance d’avancer un petit peu. Et pas seulement on a l’impression d’avancer un petit peu, mais soudainement on a quelquefois l’impression, même si ce n’est qu’une illusion, d’une immense ouverture. »

« Une figure immobile s’entoure d’un espace fermé. Une figure en mouvement ouvre l’espace… »

« Tout l’art est une recherche vers le même but ; si jamais on l’atteignait, ce serait fini ; il n’y aurait plus d’art, tout serait figé, immobile, absent. Or dans la nature, tout est mobile, tout est possible. »

JEAN-LUC GODARD : cinéaste franco-suisse, né en 1930.
« Mon ambition est d’arriver à filmer des gens qui s’embrassent. Je ne vois pas encore très bien comment ça peut se faire. Dans tous les films, on ne sait pas filmer les rapports sexuels, ça n’a aucun sens. Les cinéastes filment ce qu’ils savent, pas ce qu’ils voient. La moitié des gens ferment les yeux quand ils s’embrassent ou quand ils se touchent, les trois quarts éteignent la lumière. Dans les films, on voit une ou deux espèces de gros chewing-gums qui remuent sur un matelas. Une impuissance totale. »

ANDY GOLDSWORTHY : artiste écossais, né en 1956, apparenté au Land Art.
« La beauté n’évite pas la difficulté mais plane dangereusement au-dessus _ comme si l’on marchait sur une fine couche de glace. »

« L’art génère sa propre énergie et sa chaleur différente de la chaleur produite par l’activité physique _ une chose que je ne peux pas expliquer. »

« C’est un sentiment extraordinaire de pouvoir traverser facilement quelque chose qui était jusqu’alors une barrière. »

« C’est une chose de laisser un travail inachevé, c’en est une autre de vouloir donner l’impression qu’il est inachevé. L’une arrive par hasard, l’autre est obligée. »

« Je retravaille souvent avec certains matériaux et certains lieux. A chaque fois, c’est différent… Chaque nouvelle sculpture est le résultat d’une expérience accumulée à travers mes expériences passées. »

« Chaque œuvre rejoint la suivante dans une ligne qui dessine le passage de ma vie, dont l’élan me donne un fort sens d’anticipation de l’avenir. »

« Je travaille directement avec la terre car elle me nourrit. Elle est pleine d’énergie et de changement et de croissance et je me nourris de cela. J’en ai besoin. Je me vois comme la couche qui se superpose à toutes celles qui ont donné une telle richesse au paysage. Ce serait une couche qui sera recouverte quand je serai parti. Je trouve cette idée très belle. »

NAN GOLDIN : photographe américaine, née en 1953.
« Faire des photos horribles, c’est trop facile. Je photographie par amour des couples atteints par la distance ou l’intimité. Je photographie ce qu’est être ensemble et quel est ce combat. »

« Il s’agit d’éprouver ce qu’une personne tente de ressentir. Il existe une paroi de verre entre les gens et je veux la briser. »

« Photographier quelqu’un, c’est le toucher, lui donner une caresse. »

« Mon œuvre est dérivée de l’instantané photographique, qui est la forme photographique la plus proche de l’amour. »

VASSILI GOLOVANOV : journaliste et écrivain russe, né en 1960
« [...] il y a des choses qui n’amusent qu’avec le temps... A condition que ce temps ne soit pas passé en vain, à condition que l’on se soit affirmé, qu’on soit devenu adulte, que l’on ait vécu sa vie non comme une malédiction mais comme une possibilité de suivre le chemin choisi, et quand le monde cherchait à vous attraper, que vous ne vous soyez pas laisser prendre. Que vous ayez su... comment dit-on... vous réaliser ? En bref, que vous ayez simplement réussi à être – ce serait déjà bien... Pourquoi alors ne pas parler de votre fuite à vos proches, surtout si elle est réussie ? Pourquoi ne pas raconter comment vous l’aviez préparée, comment vous aviez évité les pièges et vaincu les habitudes, comment vous aviez déjoué le danger des appâts à première vue si juteux et alléchants qu’on vous proposait et comment – vous serrant la ceinture, le ventre de plus en plus vide, un goût de plomb dans la bouche, tremblant de convoitise, maudissant votre fuite, maudissant le monde entier, vous maudissant vous-même – vous aviez enfin réussi à tromper les apparences, brouiller les pistes, vous enfoncer au fin fond des forêts, vous oublier vous-même, être oublier des autres, pour enfin revenir dans un monde qui ne se souvenait plus de vous et y être simplement celui que vous vouliez être ?
Être. Mot important. »
in Eloge des voyages insensés, éd. Verdier, p.45

WITOLD GOMBROVICZ : 1904-1969, écrivain polonais
« Qui donc a décidé que l’on ne doit écrire que lorsque l’on a quelque chose à dire ? Allons donc, le principe même de l’art est précisément de ne pas écrire ce qu’on a à dire, mais des choses entièrement imprévues. »
in Journal, éditions Gallimard.

FELIX GONZALEZ TORRES : 1957-1996, artiste américain d’origine cubaine.
« Peut-être entre le public et le privé, entre le personnel et le social, entre la peur de la perte et la joie d’aimer, de croître, de changer de devenir toujours plus, de se perdre lentement puis de retrouver tout à coup son intégrité. J’ai besoin du spectateur, j’ai besoin de l’interaction avec le public. Sans public, ces œuvres ne sont rien. J’ai besoin du public pour achever mon travail. Je demande au public de m’aider, de prendre certaines responsabilités, de s’intégrer à mon travail, de participer. » 1993.

CLEMENT GREENBERG : 1909-1994, critique d’art américain.
« Le tableau est désormais devenu un objet qui appartient littéralement au même espace que notre corps. Il a perdu son intériorité et est devenu presque tout entier extériorité. » (à propos de l’action painting).

GROUP MATERIAL : collectif américain fondé en 1979 et dissout en 1997.
« Nous demandons à chacun de remettre en question l’ensemble de la culture considérée comme évidente. »

GUTAÏ : 1954-1972, mouvement artistique d’avant-garde japonais.
« … nous respectons Pollock et Mathieu car leurs œuvres sont des cris poussés par la matière _ pigments et vernis. Leur travail consiste à se confondre avec elle. Plus exactement, ils se mettent au service de la matière en une formidable symbiose. »

ANDREAS GURSKY : photographe allemand, né en 1955.
« Il existe visiblement un langage commun de l’inconscient, compréhensible pour tous les hommes. »

H

JOHN HEARTFIELD : 1904-1969, peintre, puis photographe et photomonteur allemand.
« Il faut faire de la photographie une arme. »

EVA HESSE : artiste américaine d’origine allemande, 1936-1970 apparentée au post-minimalisme.
« L’art est le meilleur moyen d’expérimenter une sorte d’équilibre précaire entre le chaos et l’ordre, l’organique et le psychique et entre le rationnel et l’irrationnel. »

« Je vais m’autoriser à m’impliquer dans ce qui se produit. Il n’y a pas de règles. C’est pour ça que mon art est bon car je veux et je peux prendre des risques. »

« Je voudrais que l’œuvre soit une non-œuvre. Cela veut dire qu’elle s’ouvrirait un chemin au-delà de mes idées préconçues. Ce que je veux de mon art, je finirais par le trouver. L’œuvre doit aller plus loin. C’est ce que je cherche avant tout, aller au-delà de ce que je sais et que je peux avoir. Les principes formels sont compréhensibles et compris. C’est de la quantité inconnue que je veux partir et c’est à elle que je veux arriver. Comme chose, comme objet, elle accède à sa réalité non logique. Elle est quelque chose, elle n’est rien. »

« Il faut vraiment que j’avance, fermement, vigoureusement dans mon œuvre. J’ai besoin de dire quelque chose à ma façon. (Elle cite Simone de Beauvoir) : En s’attaquant hardiment à ses objectifs, on risque des déceptions ; mais on obtient aussi des résultats qu’on n’escomptait pas ; la prudence condamne à la médiocrité. Ce qu’il manque essentiellement à la femme aujourd’hui pour accomplir de grandes choses, c’est de s’oublier elle-même ; mais pour s’oublier soi-même, il faut avant tout avoir la certitude qu’on s’est trouvée, maintenant et pour l’avenir. » 22 novembre 1964, journal d’Eva Hesse.

MICHAEL HEIZER : artiste américain, né en 1944, apparenté au Land Art.
« L’artiste est responsable de tout ; de l’œuvre comme de l’usage qu’on en fait. On a suffisamment critiqué mon œuvre pour que j’aie pensé à la protéger, comme un chien enterre un os. » (1969).

DAMIEN HIRST : artiste plasticien anglais, né en 1965.
« L’art est comme la médecine, il a le pouvoir de guérir. »

HANS HOFMANN : 1880-1966, peintre américain, d’origine allemande, considéré comme le précurseur de l’expressionnisme abstrait américain.
« (…) Le médium utilisé dans la création devient œuvre d’art si les principes et le sens, la nature essentielle de ce médium sont maîtrisés, et si l’artiste est intuitif. Car l’intuition artistique émane du cosmos et embrasse le monde entier. L’esprit novateur, créateur, ne reconnaît aucune frontière à son royaume ; l’esprit s’est toujours annexé de nouvelles sphères. L’intuition artistique est la base de la confiance de l’esprit en lui-même. L’art est toujours spirituel, il est toujours le résultat d’une introspection et trouve son expression par l’intermédiaire de l’entité naturelle qu’est le médium. Chaque médium a ses propres lois : parce qu’il est fondé sur elles, on peut le faire vibrer et résonner lorsqu’il est stimulé par des impulsions directement issue du monde naturel, lorsque l’artiste est pourvu d’un subtil équilibre entre instinct et mentalité, entre sentiment conscient et mémoire. L’artiste intensifie ses concepts, condense son expérience en une réalité spirituelle complète en soi, et crée ainsi une nouvelle réalité dans les termes du médium. L’œuvre d’art est donc un monde en soi mais qui reflète le monde sensoriel et émotionnel pour l’artiste… »
extrait du texte d’Hans Hofmann, « Sur les buts de l’art » 1932.

NANCY HOLT :artiste plasticienne, photographe et cinéaste américaine, née en 1938.
« Idéalement, je voudrais vivre six mois par an sur les sites de mes sculptures, et six mois à New York, où je peux travailler à des vidéos, des films, des photographies et des dessins. »

JENNY HOLZER : artiste conceptuelle américaine, née en 1950.
« Je montre ce que je peux montrer avec des mots lumineux en mouvement dans un endroit choisi. Et quand j’ai l’impression de tenir la durée juste, l’espace environnant, les bruits, les odeurs, les gens qui se regardent et qui regardent tout ce qui passe sous leurs yeux, j’ai donné tout ce que je sais faire. » (1998).

VICTOR HUGO

 : artiste plasticien, vidéaste, architecte et designer français, né en 1962.
« Je repère des mini-situations dans la vie ordinaire, dont je sais qu’elles vont se répéter dans le temps. L’image en elle-même n’a pas d’importance, mais c’est son rapport à la réalité qui fait sens ; c’est une image reliante. » (1996).

FABRICE HYBER : artiste plasticien français, né en 1961.
« J’ai décidé depuis longtemps de faire tout ce qui est possible, de m’épuiser jusqu’à ce que ça puisse enrichir tout le vocabulaire. »

« Une œuvre ne peut jamais être tournée vers l’avenir. Elle est toujours ici et maintenant. »

J

JASPER JOHNS : peintre et dessinateur américain, né en 1930, apparenté au pop Art.
« L’empreinte est une chose faite d’une autre, laissant transparaître les traces d’un matériau préexistant, en particulier par l’action du frottage. »

ALAIN JOUFFROY : écrivain et poète français, né en 1928.
« Une œuvre d’art est une découverte, une incursion, une sorte d’interruption, de cassure dans la logique temporelle, qui peut déboucher sur un sentiment extatique. En tout cas sur un sentiment de révélation. »

DONALD JUDD : 1928-1994, artiste plasticien et théoricien américain apparenté au Minimalisme.
« Une œuvre peut-être aussi forte qu’on veut qu’elle soit. L’espace réel est intrinsèquement plus puissant, plus spécifique que du pigment sur une surface plane. »