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Le monde commence aujourd’hui...

Publication : par Geneviève Dominois

Le monde commence aujourd’hui

Spectacle au bahut

Ce que nous voulons proposer avant toute chose, c’est une rencontre. Celle d’un public avec un homme au destin extraordinaire. Cela commence par raconter son histoire, mais c’est aussi une invitation à éprouver le monde à travers ses yeux. Essayer de rendre sensible ses perceptions en tant qu’aveugle. On pourrait penser que la cécité, c’est une nuit permanente.

Jacques Lusseyran nous apprend que c’est le contraire qui est vrai. Le monde pour lui n’est que lumière, couleurs et sensations. Sa cécité lui a permis de tourner son regard vers l’intérieur, et d’y découvrir une source de lumière puissante et intarissable. Et c’est cette lumière intérieure qui lui donne la force de s’engager dans la résistance et de tenir dans les camps de concentration.

Le spectacle que nous voulons faire est un exercice d’admiration. Un comédien et un musicien au plateau ont recours à la puissance des mots et des sons pour transmettre l’énergie qui parcourt ses livres et dont ils se sentent si proches. Les spectateurs essayeront de se glisser dans la peau de cet homme à l’histoire extraordinaire.

Le courage et la résistance
Si l’histoire de Jacques Lusseyran nous touche, c’est aussi parce qu’il incarne l’exemple d’un homme courageux qui a refusé de renoncer à une certaine idée de l’homme quand celle-ci était menacée. A l’époque, l’ennemi était clairement identifié et on savait contre qui et contre quoi il fallait se battre. Aujourd’hui, on sent bien que de nouvelles formes d’oppression menacent nos libertés et nos vies. On sent bien une injonction à résister, à ne pas se laisser faire.

Mais contre qui ? Comment faire ? L’histoire de Jacques Lusseyran est aussi éclairante sur l’attitude qu’il adopte face aux menaces sociales, politiques et intimes.

Nous avons envie de dialoguer avec lui sur cette question de la résistance en posant les questions qui nous travaillent aujourd’hui.

La puissance de la poésie. On se demande souvent comment ces hommes et ces femmes ont fait pour tenir dans l’enfer des camps de concentration. Comme Charlotte Delbo qui se récitait mentalement des poèmes pendant des heures d’appel dans le froid, Jacques Lusseyran raconte comment la poésie leur a permis de
tenir avec les autres détenus. Il montre que la poésie, ce n’est pas seulement des mots mis ensemble pour faire joli, mais que c’est quelque chose d’essentiel, de subversif et de redoutable pour toute forme de pouvoir.

Aujourd’hui, nous sommes convaincus que l’activité poétique est éminemment politique et qu’il faut la pratiquer et la défendre contre ceux qui voudraient nous
réduire à de simples facteurs de production. Avec ce spectacle, nous voulons effectuer une explosion sensible et donner à la poésie le corps et de la chair qu’elle réclame.

Un dispositif immersif et léger
Pour ce projet, nous imaginons entourer les spectateurs d’enceintes, pour pouvoir les immerger dans le son. Le plateau est nu ou presque : un pied de micro, des pédales, une chaise, un comédien et un musicien.

Les texte de Jacques Lusseyran seront en dialogue avec des textes que nous écrirons.

Cie La cahute

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