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Publié : 1er mai 2010

ROXANE MAHE pour le sujet "Autoportrait en mille morceaux", mai 2003

Ce texte a été rédigé en 2003. Il explique un travail de volume et d’assemblage réalisé en réponse au sujet "Autoportrait en mille morceaux ". Suite à des soucis informatiques, les photographies de ce travail ont été perdues, c’est pourquoi il est illustré par une photographie d’un travail réalisé par une autre élève, ce sujet ayant été donné une deuxième fois en 2005.
Si ce texte est publié aujourd’hui, c’est parce qu’il reste exemplaire des nombreuses opérations plastiques dont on peut user pour se raconter dans une pratique de volume, de sculpture.

Massot Charline, Autoportrait en mille morceaux, mars 2005 {JPEG}

Mon oreille gauche est agrandie car je suis beaucoup à l’écoute des autres. Si la forme en est pointue, c’est pour dire que je vais vers les autres. Ma bouche est elle aussi agrandie. On me reproche souvent de trop parler, j’ai donc voulu retranscrire les suggestions des personnes qui m’entourent à travers cette bouche.
Mon œil gauche est construit de façon « complexe » car j’analyse tout ce que je vois, les problèmes, les moments qui, à d’autres, peuvent paraître insignifiants, sont pour moi une nouvelle source d’intérêt.
J’ai multiplié mes yeux, ma bouche, mon nez et mes oreilles de façon à ce que je puisse changer de visage, me cacher, me protéger.
Mon visage n’est fait que de collages, d’emboîtements, de superpositions de la matière utilisée. Le fait que j’use de ces différents procédés abouti à une sculpture construite et représente bien le fait que, moi aussi, je me construis. Je cherche mes marques et essaie de m’immiscer dans la société.
Les griffures que j’ai derrière le crâne ainsi que mes cheveux enchevétrés, signifient que je suis assez étourdie. J’oublie tout ce que l’on me dit : quand une information rentre par une oreille, c’est pour en sortir par l’autre, ce pourquoi mes oreilles ne sont pas à la même hauteur. Si les informations doivent sortir de ma tête autant que le chemin soit plus long.
Ma sculpture n’est pas positionnée au milieu de mon socle car, si je vais vers les autres, je préfère quand même ne pas trop me faire remarquer.
Mes morceaux de carton qui constituent mon visage sont déformés pour qu’au premier abord, on ne puisse pas me juger.
Ma tête est inclinée vers l’arrière car je préfère regarder le futur plutôt que le passé, je veux aller de l’avant.
Si je fais disparaître le cou, c’est pour affirmer le proverbe « avoir la tête sur les épaules ».

Roxane Mahé, 13 mai 2003

A vous d’interpréter ce qu’exprime la photograhie et le volume de Charline Massot (mars 2005).